(23/04/06) Amalgame de sentiments
Toujours en France, mon cerveau qui fonctionne toujours en français et je prends déjà du retard pour mon blog... Et puis ce n'est pas comme si des rebondissements n'étaient pas venus pimenter mon projet. Bon je reprends les différents évènements car j'ai l'impression d'en avoir déjà perdu quelques un en route.
Mi-mars, je prends le taureau par les cornes: je prépare tous les papiers pour mon visa, je l'envoie et descend en ville pour prendre mon billet et voilà, je pars le 9. Jusque là... tout est dans le mail précédent.
Mais c'était sans savoir que quelques jours plus tard (10 exactement), en flanant sur le site de l'ambassade du Canada, j'allais m'apercevoir que le cota de visas pour le programme "vacance-travail" (PVT) avait été atteint. Là tout s'écroule, je me mets à me poser plein de questions mais essentiellement une: vais-je obtenir mon visa? En gros, vais-je pouvoir partir au Canada? Ensuite c'est tous les "et si....", "et si...." qui viennent bousculer mon esprit. Grande chance pour moi, force de mon caractère, je ne suis pas du genre à me poser pleins des questions, donc c'est avec ZENITUDE que j'ai appréhendé cette période de transition où j'attendais la réponse pour mon visa. En effet, mes proches n'ont eu aucunement besoin de supporter un quelconque changement d'humeur (n'est ce pas les parents!), et mes intestins ne se sont jamais portés aussi bien (n'est-ce pas Audrey!)... Je n'ai pas besoin de spécifier que ce passage est tout se qu'il y a de plus ironique. Pour de vrai: 12 jours de galère pour mes parents et une heure de traitement d'Audrey (en école d'ostéo) pour rétablir un semblant d'équilibre sur mes entrailles (et pas parce qu'elle n'est pas efficace, mais parce que c'était le bordel!).
Finalement les jours passent, tant bien que mal, et exactement 3semaines après avoir envoyé ma demande de visa je reçois la réponse. (Félicitation à l'administration canadienne qui annonce un délais de 3 à 8 semaines). J'ouvre la boîte aux lettres (qui n'a jamais été aussi régulièrement consultée depuis des décénies), tout en sachant qu'aujourd'hui ma lettre serait dedans (Ba oui, logique j'en avais rêvé la nuit...). Je la prends avec moi, monte dans ma voiture pour aller à mon cours d'anglais et l'ouvre. YAHOUHOUHOU, j'ai mon visa, cette fois c'est bon, c'est sûr je pars! J'appelle mon père, hurle dans le téléphonne, saute de joie (au volant pas très facile je vous l'accorde) puis je raccroche. Et là (chose beaucoup plus facile au volant) je fonds en larmes. Je rigole à nouveau, puis repleure un peu.
Je rentre de mon cours d'anglais, je montre ma réponse de visa à mes parents; ils me disent qu'ils sont heureux pour moi mais ont tout de même beaucoup de mal à cacher cette bessure en sourdine que cause mon départ. Je sais alors que maintenant je n'ai plus trop le droit de me plaindre. Je vais devoir laisser la place à l'expression de leurs sentiments qu'ils ont enfouis tout ce temps où j'ai été si chiante. Je les regarde avec ce trop plein d'amour qui s'exprime par mes yeux tout humides. "Non, non ce n'est plus ton tour tu as dit" alors je ravale tout et je continue à les regarder. C'est tellement agréable de vous regarder vivre...
Depuis, c'est l'amalgame de sentiments, je suis heureuse, triste, nostalgique, appeurée, motivée, amoureuse de tout. Je décide alors de profiter de tout ces petits moments que tout mon entourage m'offre comme cadeau, avant d'entrer dans la période de stress du départ où je serai là, mais plus tout à fait là. On dirait d'ailleurs que le temps a décidé de faire comme moi, les fleurs sortent et finissent de parfumer tous les sourires que l'on m'offre.

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